ChatGPT chinois
qui se cache vraiment derrière le terme
DeepSeek, Qwen, Doubao… les assistants IA chinois, leurs forces et leurs vraies limites.
« ChatGPT chinois » désigne le plus souvent DeepSeek, mais le terme recouvre toute une famille d’assistants IA venus de Chine : DeepSeek, Qwen (Alibaba), Doubao (ByteDance), Ernie (Baidu), Kimi (Moonshot). Plusieurs sont gratuits, certains ouverts et exécutables localement, et ils tiennent la comparaison sur le code et le raisonnement. Deux réserves comptent : la censure des sujets sensibles et l’hébergement des données.
- Pas un seul produit : une famille de modèles, DeepSeek en tête.
- Forts en code et raisonnement, parfois à poids ouverts.
- Censure sur les sujets politiquement sensibles.
- Données hébergées en Chine pour les versions en ligne.
Au début de l’année 2025, un nom a fait trembler la Silicon Valley : DeepSeek. Du jour au lendemain, « ChatGPT chinois » est devenu une requête de masse. Sauf que derrière l’expression, il n’y a pas un produit, mais une petite foule. Faisons le tri.
« ChatGPT chinois »
de quoi parle-t-on
L’expression est un raccourci. Elle ne désigne pas une copie officielle de ChatGPT, mais l’ensemble des assistants conversationnels développés par des entreprises chinoises. DeepSeek a popularisé le terme en s’invitant en tête des classements de téléchargement, mais il n’est qu’un nom parmi d’autres.
Le point commun de ces modèles : ils répondent à des questions, rédigent, traduisent, écrivent du code, comme ChatGPT. Le point de divergence tient au reste, c’est-à-dire à l’ouverture du modèle, au coût, à la langue de prédilection et, surtout, au cadre dans lequel ils opèrent. C’est là que le sujet devient intéressant.
Les principaux modèles chinois
Quelques noms reviennent, portés par les grands groupes technologiques chinois. Chacun a sa spécialité, et la scène évolue vite.
| Modèle | Éditeur | Point fort |
|---|---|---|
| DeepSeek | DeepSeek | Code et raisonnement, modèles à poids ouverts |
| Qwen | Alibaba | Polyvalence et usages professionnels, versions ouvertes |
| Doubao | ByteDance | Conversation du quotidien, version 2.0 orientée agents |
| Ernie | Baidu | Assistant chinois historique, large diffusion |
| Kimi | Moonshot | Traitement de longs documents |
DeepSeek, le nom qui a tout déclenché
Si un modèle mérite d’être détaché du lot, c’est lui, parce qu’il a changé la conversation. DeepSeek a marqué pour trois raisons.
La première, l’ouverture. Ses poids sont publics, ce qui permet de l’étudier, de l’adapter et de l’exécuter sur sa propre infrastructure plutôt que de dépendre d’un service en ligne. La deuxième, le coût annoncé : l’entreprise a revendiqué un entraînement de son modèle V3 pour quelques millions de dollars seulement, une fraction de ce que coûtent les grands modèles occidentaux. Le chiffre a été discuté, mais le message est passé : la performance n’est plus réservée à ceux qui alignent des milliards. La troisième, le niveau réel en code et en raisonnement, où DeepSeek soutient la comparaison avec les références du marché.
Résultat, un séisme de perception autant que de technologie. L’idée qu’un acteur pouvait rivaliser à moindre coût a suffi à faire vaciller quelques certitudes.
Comment y accéder depuis la France
Pour la plupart, c’est aussi simple que ChatGPT. Les modèles grand public proposent un site web et une application mobile, en accès gratuit pour les usages courants, avec parfois des formules payantes pour aller plus loin. On crée un compte, on pose ses questions, et l’on obtient des réponses en français, même si ces modèles restent souvent plus à l’aise en chinois et en anglais.
Pour les modèles ouverts, comme certaines versions de DeepSeek ou de Qwen, une autre voie existe : les télécharger et les faire tourner localement, sur une machine assez puissante. C’est plus technique, mais cela garde les données chez soi — et la suite explique pourquoi ce point compte.
Site et application
Le plus simple : un compte, une question, une réponse. Mais vos échanges transitent par les serveurs de l’éditeur, situés en Chine pour ces modèles.
Modèle exécuté chez soi
Réservé aux modèles ouverts et à une machine puissante. Plus technique, mais les données ne quittent pas votre ordinateur, ce qui répond à la question de la confidentialité.
Les limites à connaître
Voici les deux réserves qui changent tout, et qu’on oublie trop souvent dans l’enthousiasme.
Censure : sur les sujets politiquement sensibles, ces assistants s’alignent sur la réglementation chinoise et esquivent, reformulent ou refusent de répondre. Données : avec les versions en ligne, vos échanges transitent par des serveurs en Chine, soumis au droit local. Pour des informations sensibles, c’est un paramètre à peser.
Précisons l’incidence concrète. Pour une recette de code ou un résumé de document, la censure n’a aucune importance ; pour une question d’actualité géopolitique, la réponse sera filtrée, et il faut le savoir. Côté données, c’est précisément là que les modèles ouverts exécutés localement reprennent l’avantage : ce qui ne sort pas de votre machine ne pose pas la question.
Lequel choisir selon l’usage
Inutile de chercher un gagnant universel, il n’existe pas. Le choix dépend de ce que vous en faites. Pour du code, du raisonnement ou un usage local maîtrisé, DeepSeek et Qwen sont des points de départ solides, d’autant qu’ils existent en versions ouvertes. Pour de la conversation quotidienne et des tâches simples, Doubao remplit le rôle. Et si la confidentialité prime, la vraie question n’est pas le nom du modèle mais le mode d’accès : en ligne ou exécuté chez soi.
Quel est l’équivalent chinois de ChatGPT ?
Il n’y en a pas un seul. DeepSeek est le nom le plus associé au terme, mais Qwen (Alibaba), Doubao (ByteDance), Ernie (Baidu) et Kimi (Moonshot) sont aussi des assistants chinois majeurs. Le choix dépend de l’usage plutôt que d’un classement unique.
DeepSeek est-il gratuit et ouvert ?
DeepSeek propose un accès gratuit pour les usages courants via son site et son application, et plusieurs de ses modèles sont à poids ouverts : on peut les télécharger et les exécuter soi-même. L’entreprise a aussi revendiqué un coût d’entraînement très bas pour son modèle V3.
Les IA chinoises sont-elles censurées ?
Sur les sujets politiquement sensibles, oui : ces assistants s’alignent sur la réglementation chinoise et esquivent ou refusent certaines questions. Pour des usages techniques comme le code ou la rédaction, cela n’a pas d’incidence concrète.
Mes données sont-elles en sécurité avec une IA chinoise ?
Avec les versions en ligne, vos échanges passent par des serveurs en Chine, soumis au droit local. Pour des données sensibles, mieux vaut en tenir compte. Les modèles ouverts exécutés localement gardent les données sur votre machine et lèvent en partie ce souci.
Le « ChatGPT chinois » n’est pas une réponse, c’est un éventail. Reste à choisir en sachant ce qu’on gagne — du code et du coût maîtrisé — et ce qu’on accepte en échange.