Main tenant un smartphone dont l'écran affiche l'espace de stockage occupé, applications en tête
Logiciels · Applications mobiles

Application mobile

ce qui continue après l’installation

Installer prend dix secondes. Ce qui suit dure des mois : espace occupé, activité en arrière-plan, prélèvements automatiques. Voici comment garder la main.

Réponse rapide

Une application mobile est un logiciel installé sur un téléphone ou une tablette, distinct d’un site consulté dans un navigateur. Le téléchargement n’est qu’un début : l’application occupe de l’espace, travaille en arrière-plan et porte parfois un abonnement qui continue de courir après sa suppression. Trois choses sont à démêler — le logiciel sur l’appareil, le compte chez l’éditeur, l’abonnement chez Apple ou Google — et chacune se ferme à un endroit différent.

  • Supprimer l’icône n’annule rien : l’abonnement vit sur le compte du magasin, pas sur le téléphone.
  • Le poids annoncé est celui du premier jour : cache, historiques et contenus hors ligne s’ajoutent ensuite.
  • « Gratuit » qualifie le téléchargement : achats intégrés, abonnement ou publicité prennent le relais.
  • Une application non entretenue vieillit mal : la date de dernière mise à jour est le premier signal.

Une application mobile, et ce que l’on accepte en l’installant

Une application mobile est un logiciel installé sur un téléphone ou une tablette, par opposition à un site que l’on consulte dans un navigateur. Elle vit sur l’appareil, avec son icône, ses réglages et ses autorisations, et elle continue d’exister quand l’écran s’éteint. Leur conception varie d’ailleurs beaucoup : certaines embarquent tout sur l’appareil, d’autres ne sont qu’une enveloppe autour d’un service en ligne, et la différence saute aux yeux le jour où l’on se retrouve sans réseau.

C’est ce qui change tout par rapport à une simple visite. Un site consulté une fois ne laisse presque rien derrière lui. Une application installée, si. En quelques secondes, trois choses distinctes se mettent en place, et la suite de cet article tient à ce qu’on ne les confonde pas.

Sur l’appareil

Le logiciel

Le programme lui-même, posé sur la mémoire du téléphone, avec les accès que vous lui avez accordés : position, photos, micro, contacts, notifications. Il se retire en désinstallant, ce qui libère l’espace et coupe ces accès.

Chez l’éditeur

Le compte

Créé au premier écran dans la plupart des cas. Il vit sur les serveurs de l’éditeur, avec l’historique qui va avec, et reste actif après la désinstallation tant que vous ne demandez pas sa suppression.

Chez le magasin

L’abonnement

Quand il y en a un, il ne vous lie pas à l’éditeur mais à Apple ou à Google, qui encaissent et renouvellent pour son compte. C’est la couche la plus facile à oublier, et la seule qui coûte de l’argent tous les mois.

Trois couches, trois endroits différents pour les défaire. La plupart des mauvaises surprises viennent de là.

Ce qu’une application consomme quand vous ne la regardez pas

Le poids affiché sur la fiche du magasin est celui du jour de l’installation. Il ne dit rien de ce que l’application pèsera dans six mois.

L’espace qui gonfle après l’installation

Une application stocke ce qu’elle reçoit et ce qu’elle prépare : images mises en cache pour éviter de les retélécharger, historiques de conversation, pièces jointes, contenus consultés hors ligne, cartes, épisodes de podcast, parties téléchargées. Les deux systèmes séparent d’ailleurs ces masses dans leurs réglages, avec d’un côté la taille du logiciel, de l’autre les documents et données accumulés. Une messagerie de quelques dizaines de mégaoctets à l’installation peut occuper plusieurs gigaoctets un an plus tard, sans qu’aucune mise à jour n’en soit responsable.

Ce n’est pas un défaut de conception. C’est le fonctionnement normal d’un logiciel qui garde sous la main ce que vous consultez souvent. Le problème apparaît quand personne ne regarde jamais le compteur.

L’activité en arrière-plan

Une application n’attend pas d’être ouverte pour travailler. Elle vérifie s’il y a du nouveau, synchronise, prépare le contenu du prochain lancement, envoie des notifications. iOS regroupe ce comportement sous l’actualisation en arrière-plan, Android sous l’usage des données et de la batterie en arrière-plan. Dans les deux cas, la mesure existe déjà sur votre appareil : la rubrique Batterie des réglages classe les applications par consommation, et celle consacrée à l’usage des données fait de même pour le volume échangé sur une période donnée.

Ce classement vaut mieux qu’une intuition. Les applications les plus coûteuses ne sont pas toujours celles qu’on utilise le plus : une application ouverte cinq minutes par jour mais autorisée à se synchroniser en permanence peut peser davantage qu’un jeu lancé une heure le week-end.

Bon réflexe

Les autorisations accordées le premier jour restent valables jusqu’à révocation. Les deux systèmes permettent de lister les applications par type d’accès — position, micro, photos — ce qui rend la revue rapide : on découvre souvent une application qui garde un accès dont elle n’a plus l’usage.

Gratuit, achats intégrés, abonnement

qui paie l’application

Le mot gratuit, sur une fiche de magasin, qualifie le téléchargement. Rien d’autre. Derrière, quatre modèles cohabitent, et une même application peut en combiner plusieurs.

ModèleCe que vous payezLe point de vigilance
Achat uniqueUne fois, au téléchargementDevenu rare hors des jeux et de quelques outils métier
Achats intégrésÀ la carte, depuis l’applicationSignalés sur la fiche avant installation, à lire si l’appareil sert à un enfant
AbonnementChaque mois ou chaque annéeSe renouvelle seul, sans demande de confirmation à la fin de l’essai
Publicité et donnéesRien, en apparenceLa section « données collectées » de la fiche résume ce qui part, déclaré par l’éditeur

L’abonnement mérite une mention à part : c’est le seul modèle qui continue de fonctionner sans vous. Il commence souvent par une période d’essai dont la fin ne déclenche aucune demande de confirmation. Le premier prélèvement arrive, sauf résiliation avant l’échéance.

Arrêter de payer une application

le geste qui n’est pas dans l’application

C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse : supprimer l’icône n’annule rien. L’abonnement a été souscrit auprès du magasin et court sur le compte Apple ou Google, indépendamment de la présence du logiciel sur l’appareil. Rien, dans le téléphone, ne signale un prélèvement pour une application absente de l’écran d’accueil : la dépense se poursuit sans aucun rappel visible, jusqu’au relevé bancaire.

  1. Ouvrir la liste des abonnements du magasin

    Sur iPhone et iPad, elle se trouve dans les réglages, à la rubrique de votre compte Apple. Sur Android, dans Google Play, sous votre photo de profil, à la section consacrée aux paiements et abonnements.

  2. Identifier la ligne concernée

    La liste montre les abonnements actifs et la date du prochain renouvellement. Une application désinstallée y figure toujours : c’est précisément l’intérêt de passer par là.

  3. Résilier, puis vérifier l’effet

    La résiliation prend effet à la fin de la période déjà réglée. L’accès reste ouvert jusque-là, ce qui rend inutile toute précipitation le dernier jour. Revenez sur la liste ensuite : la ligne doit indiquer une date d’expiration, non un renouvellement.

  4. Traiter le cas des abonnements souscrits ailleurs

    Une inscription faite sur le site de l’éditeur ou par l’intermédiaire d’un opérateur n’apparaît jamais dans cette liste : le magasin ne la connaît pas. La résiliation se fait alors chez l’éditeur ou chez l’opérateur.

En cas de doute sur l’origine d’un prélèvement, le relevé bancaire tranche : le libellé mentionne généralement le magasin quand il sert d’intermédiaire, et le nom de l’éditeur quand la relation est directe.

Quand une application n’est plus entretenue

Une application n’a pas besoin d’être supprimée pour cesser d’être fiable. Il suffit que son éditeur arrête la maintenance.

Le premier signal se lit sans rien installer : la date de dernière mise à jour, affichée sur la fiche du magasin. Une application immobile depuis très longtemps, dont les avis récents signalent des plantages sans réponse de l’éditeur, et dont les captures montrent une interface d’une génération antérieure, est probablement laissée à elle-même.

Les conséquences arrivent en cascade. Les failles de sécurité découvertes après le dernier correctif ne sont plus comblées, ce qui pèse d’autant plus quand l’application détient des données personnelles ou un moyen de paiement. Chaque magasin applique par ailleurs ses propres exigences de compatibilité avec les versions récentes du système, selon des règles et des délais qui lui sont propres, avec une conséquence commune : une application restée en arrière finit par ne plus être présentée aux nouveaux utilisateurs. Et les mises à jour du système finissent par casser ce que plus personne ne corrige.

Attention

Une application déjà installée continue en général de fonctionner. Le vrai jour de rupture est le changement de téléphone : il faut alors la réinstaller, et une application retirée du magasin n’est plus téléchargeable que depuis l’historique de vos achats, quand cette possibilité subsiste. Mieux vaut ne pas confier de données irremplaçables à un logiciel visiblement abandonné, ou vérifier au minimum qu’il permet de les exporter.

Désinstaller proprement

ce qui reste après

L’ordre des gestes compte plus que la désinstallation elle-même. Résilier d’abord, puisque c’est le seul point qui coûte de l’argent, et le vérifier dans la liste des abonnements du magasin.

Exporter ensuite ce qui compte, tant que l’accès reste ouvert. Beaucoup d’applications intègrent une fonction d’export ou de téléchargement de vos contenus ; à défaut, le droit d’accès vous permet d’obtenir une copie de vos données personnelles auprès de l’éditeur.

Supprimer le compte enfin, ce qui déclenche l’effacement chez l’éditeur. La situation s’est nettement améliorée sur ce point : les deux magasins exigent désormais des applications permettant de créer un compte qu’elles fournissent aussi un moyen de le supprimer, sans courrier ni formulaire caché. Quand la fonction reste introuvable, la demande d’effacement adressée à l’éditeur reste un droit : il doit y répondre dans un délai d’un mois, au-delà duquel la CNIL peut être saisie.

La désinstallation ne vient qu’après. Elle prend deux secondes, et c’est la seule étape que tout le monde pense à faire.

Supprimer une application annule-t-elle l’abonnement ?

Non. L’abonnement est enregistré sur votre compte Apple ou Google, pas sur le téléphone. Tant qu’il n’est pas résilié dans la liste des abonnements du magasin, il se renouvelle et se prélève, application installée ou non.

Pourquoi une application prend-elle de plus en plus de place ?

Parce qu’elle conserve ce qu’elle reçoit : images en cache, historiques, pièces jointes, contenus consultés hors ligne. Les réglages du téléphone distinguent le poids du logiciel de celui des documents et données accumulés, ce qui permet de voir laquelle des deux masses a grossi.

Comment savoir si une application est encore entretenue ?

La fiche du magasin indique la date de la dernière mise à jour. Croisez-la avec les avis récents et les réponses de l’éditeur : une application immobile depuis longtemps, avec des plantages signalés et sans réaction, est probablement abandonnée.

Que deviennent mes données après une désinstallation ?

Celles stockées sur l’appareil partent avec l’application. Celles conservées sur les serveurs de l’éditeur restent, tant que le compte existe. Pour les faire effacer, il faut supprimer le compte, une possibilité que les deux magasins imposent désormais aux applications permettant d’en créer un.

Une application gratuite est-elle vraiment gratuite ?

Gratuit qualifie le téléchargement. L’application peut ensuite contenir des achats intégrés, un abonnement, ou se financer par la publicité et la collecte de données. La fiche du magasin signale les achats intégrés et détaille les données collectées, avant installation.

Le téléchargement est le geste le plus visible et le moins engageant. Ce qui suit — l’espace occupé, l’activité en arrière-plan, la ligne d’abonnement et le compte laissé ouvert — se pilote depuis trois écrans de réglages qu’il suffit de connaître une fois.