Trieur à soufflets ouvert sur un bureau, documents classés par onglets avant le lancement d’une refonte
Web · Sites & e-commerce

Refonte du site internet

l’inventaire à faire avant de lancer le projet

Les projets ne bloquent presque jamais sur la technique, mais sur des accès introuvables et des actifs détenus par un tiers.

Réponse rapide

Avant de rédiger un cahier des charges, réunissez ce qui fait vivre votre site actuel : le nom de domaine et sa zone DNS, l’hébergement et la base de données, les licences en cours. Vérifiez au passage que votre société est bien propriétaire de ses comptes de mesure, et exportez la liste complète de vos URL. Ce dossier détermine le chiffrage, le planning et votre liberté de changer de prestataire.

  • Le titulaire du domaine : s’il porte le nom de votre prestataire, vous louez votre adresse web sans le savoir.
  • Une sauvegarde complète : fichiers et base de données, datée, conservée de votre côté.
  • Les comptes de mesure : propriétaire et non invité, sous peine de repartir de zéro après la bascule.
  • L’export des URL : quatre décisions possibles par page, qui deviennent le plan de redirections.

Pourquoi une refonte cale rarement sur la technique

Les guides consacrés à la refonte du site internet démarrent presque tous au même endroit : le cahier des charges. On y explique comment formuler ses objectifs, décrire ses cibles, lister ses fonctionnalités. Tout cela est juste, mais suppose une chose que personne ne vérifie : que vous ayez la main sur votre site actuel.

Dans la pratique, c’est là que les projets patinent. Le prestataire retenu réclame l’accès à l’hébergement, personne ne sait où il se trouve. Le nom de domaine arrive à échéance pendant le développement et le message de renouvellement part chez un ancien stagiaire. La base de données existe bien, mais le seul compte administrateur est celui de l’agence qui a construit le site il y a six ans, et cette agence ne répond plus. Aucun de ces blocages n’est technique. Ce sont des problèmes d’inventaire.

La phase utile se situe donc en amont : établir ce que vous possédez, qui détient quoi, et ce qui mérite d’être repris. Les étapes de réalisation et le chiffrage viennent ensuite, et se traitent d’autant mieux que ce travail a été fait. Un projet qui démarre avec ce dossier sous le bras se chiffre plus juste, se planifie mieux, et laisse le choix du prestataire ouvert.

L’inventaire des accès

ce que vous possédez vraiment

Un site en ligne repose sur une petite dizaine de briques indépendantes, souscrites à des moments différents, parfois par des personnes qui ont quitté l’entreprise. Les recenser prend une demi-journée. Ne pas les recenser coûte plusieurs semaines de projet.

Le nom de domaine et la zone DNS

Le nom de domaine est le seul actif vraiment irremplaçable de l’ensemble : tout le reste se reconstruit, lui non. Commencez par identifier son bureau d’enregistrement, c’est-à-dire l’entreprise chez qui il a été réservé, puis vérifiez trois choses : le titulaire déclaré, l’adresse de contact associée, et la date d’expiration. Le titulaire compte plus que tout le reste. S’il porte le nom de votre prestataire et non celui de votre société, vous ne possédez pas votre adresse web, vous la louez sans le savoir.

La zone DNS est le second point. C’est elle qui indique où pointe le domaine : le serveur du site, mais aussi les serveurs de messagerie. Refondre son site implique presque toujours de la modifier au moment de la mise en ligne. Savoir où elle est administrée, et disposer d’un accès à cette interface, évite la panique du jour J.

Le point à signaler dès la première réunion

Si des adresses e-mail professionnelles sont rattachées à votre nom de domaine, elles dépendent de la même zone DNS que le site. La modifier sans avoir préparé le sort des boîtes interrompt la réception des messages de toute l’entreprise. Ce point se traite séparément de la mise en ligne, et se prépare bien avant.

L’hébergement, le code et la base de données

Vient ensuite l’endroit où le site vit réellement. Identifiez l’hébergeur, le type de formule souscrite, et surtout la manière dont on s’y connecte : accès au panneau de gestion, accès SFTP pour les fichiers, accès à la base de données. Sur beaucoup de sites d’entreprise, ces trois accès existent mais dorment dans la boîte mail d’une seule personne.

Le code source mérite une vérification à part. Un site construit sur un CMS courant se récupère entièrement par une sauvegarde des fichiers et de la base. Un site développé sur mesure peut, lui, vivre dans un dépôt privé auquel vous n’avez jamais eu accès : demandez alors soit un accès nominatif à ce dépôt, soit une archive complète du code livrée indépendamment. Dans les deux cas, réclamez une sauvegarde datée du site en production et conservez-la de votre côté, sans dépendre du prestataire pour y accéder.

Les licences, les visuels et les polices

Un site repose rarement sur du contenu entièrement libre. Thème payant, extensions sous abonnement annuel, banque d’images, police d’écriture sous licence : chacun de ces éléments a un propriétaire et une durée. La vérification est simple, et elle est comptable avant d’être technique : retrouvez les factures d’achat, puis regardez au nom de qui l’abonnement a été souscrit. C’est ce nom qui détermine si la licence suit le site ou reste chez le prestataire. Certaines sont nominatives et ne se transmettent pas d’une agence à son client.

Les photographies méritent la même attention. Si votre site actuel utilise des visuels achetés par un tiers, leur réutilisation dans le nouveau site n’est pas automatique. Un rapide relevé, visuel par visuel pour les pages importantes, suffit à écarter la mauvaise surprise.

Les comptes de mesure, à récupérer avant la bascule

L’historique de votre site a une valeur qu’on mesure surtout quand il disparaît. Les outils de statistiques et la console de recherche de Google accumulent des années de données : pages qui rapportent du trafic, requêtes qui amènent des visiteurs, erreurs signalées. Cet historique sert d’abord à décider quoi garder, puis à contrôler que la refonte n’a rien cassé.

Le problème vient du niveau d’accès. Il arrive souvent que le client soit simple lecteur d’un compte détenu par son agence, voire qu’il ne figure nulle part. Vérifiez que votre société apparaît bien comme propriétaire, et non comme invité. Si ce n’est pas le cas, demandez le transfert de propriété tant que la relation est cordiale, ce qui est nettement plus simple avant l’annonce d’un changement de prestataire.

Un compte de statistiques recréé après la mise en ligne repart de zéro. Vous perdez la comparaison avant-après, c’est-à-dire le seul moyen objectif de savoir si le nouveau site fait mieux que l’ancien.

Trier le contenu existant plutôt que tout reprendre

Reprendre tel quel l’ensemble d’un site ancien revient à payer la migration de pages que personne ne lit. À l’inverse, faire table rase fait perdre des positions durement acquises. Entre les deux, la décision se prend page par page, à partir de deux informations simples : le trafic réel de la page sur les douze derniers mois, et les liens externes qui pointent vers elle.

Exportez la liste complète de vos URL, puis attribuez à chacune l’une des quatre décisions possibles.

DécisionQuand la prendreCe qu’elle implique
ConserverLa page reçoit des visites régulières et son contenu reste exactL’adresse est reprise à l’identique dans le nouveau site
RéécrireLe sujet fonctionne mais le texte est daté ou trop courtMême adresse, contenu refait, à budgéter en rédaction
FusionnerDeux pages ou plus traitent le même sujet et se concurrencentUne page unique plus complète, et une redirection depuis les autres
SupprimerAucune visite, aucun lien entrant, aucun rôle commercialUne redirection vers la page la plus proche par le sujet

Cette liste devient ensuite le tableau de correspondance des adresses. Chaque URL supprimée ou fusionnée doit pointer vers une destination précise dans le nouveau site. C’est ce document que votre prestataire attend pour construire les redirections, et c’est vous qui êtes le mieux placé pour le remplir, parce qu’il demande de connaître le contenu.

Les dépendances qui bloquent un projet

Certaines situations reviennent régulièrement lors d’un changement de prestataire. Aucune n’est insoluble, mais toutes prennent du temps, et ce temps se prend avant le lancement du projet, pas pendant.

Le cas le plus fréquent

Tout est chez l’agence sortante

Hébergement à son nom, domaine dans son portefeuille, maintenance mensuelle. Le déblocage passe par une demande écrite et courtoise de transfert, appuyée sur le contrat signé. Formulez-la tôt, avant que la relation ne se tende.

Le plus discret

Un développement sur mesure orphelin

Une extension écrite pour vous dont personne n’a le code, ou un connecteur vers votre logiciel de gestion, du type synchronisation des stocks ou remontée des demandes de contact vers l’outil commercial. Identifiez qui l’a développé pendant que l’information existe encore.

Le plus banal

Un service externe au nom d’un ancien salarié

Formulaire, module de réservation, chat, outil d’envoi de messages : l’abonnement a été souscrit avec une adresse qui n’existe plus. Récupérez la main sur ces comptes, ou actez qu’ils seront remplacés dans le nouveau site.

Chacun de ces points se traite sans drame quand il est repéré tôt. Découvert la veille de la mise en ligne, le même point devient un blocage coûteux, arbitré dans l’urgence et rarement en votre faveur.

À retenir avant de lancer la refonte

Le dossier à réunir avant d’écrire la moindre ligne de cahier des charges tient en sept vérifications. Aucune ne demande de compétence technique particulière : ce sont des questions de propriété, de factures et d’accès.

  1. La fiche du nom de domaine

    Bureau d’enregistrement, titulaire déclaré, adresse de contact, date d’expiration. Si le titulaire n’est pas votre société, c’est le premier point à régler.

  2. Les accès à l’hébergement

    Panneau de gestion, SFTP, base de données. Testez-les vous-même plutôt que de vous fier à un mot de passe noté quelque part.

  3. Une sauvegarde complète et datée

    Fichiers et contenu, conservée de votre côté. C’est le seul filet qui vous permet de repartir si la relation avec le prestataire s’interrompt.

  4. La liste des licences en cours

    Thème, extensions, polices, banque d’images, avec leur date de renouvellement et le nom au profit duquel elles ont été souscrites.

  5. La propriété des comptes de mesure

    Votre société doit y figurer comme propriétaire. Le vérifier prend deux minutes, le corriger après la bascule est impossible.

  6. L’export des URL avec leur décision

    Conserver, réécrire, fusionner ou supprimer, et pour les deux derniers cas la destination de la redirection.

  7. La liste des services externes connectés

    Formulaires, réservation, paiement, connecteurs métier, avec le titulaire de chaque abonnement.

Ce dossier change la nature des échanges avec les prestataires consultés. Un devis établi sur cette base porte sur un périmètre réel, pas sur une estimation prudente assortie de réserves. Le planning tient, parce que personne n’attend un accès. Et le jour où vous souhaitez changer d’interlocuteur, tout ce qui compte est déjà chez vous.

À qui appartient mon site internet si c’est une agence qui l’a créé ?

Cela dépend de ce que prévoit le contrat signé, et les situations sont très variables. Le nom de domaine appartient à son titulaire déclaré, qui peut être votre société comme votre prestataire. Les contenus que vous avez fournis restent les vôtres. Le code et les visuels créés pour vous ne vous sont cédés que si une clause le prévoit expressément. Relisez le devis et le contrat initial, et faites clarifier les points muets par écrit avant de lancer le projet.

Que dois-je demander à mon prestataire actuel avant de changer ?

Cinq choses : le transfert du nom de domaine s’il est à son nom, les accès à l’hébergement et à la base de données, une sauvegarde complète et datée des fichiers et du contenu, la liste des licences en cours avec leur échéance, et le transfert de propriété des comptes de mesure. Faites cette demande par écrit : elle fixe une trace et une date. En cas de refus ou de silence prolongé, reportez-vous aux clauses du contrat signé, et faites-vous accompagner si l’enjeu le justifie.

Vais-je perdre mes adresses e-mail pendant la refonte ?

Pas si la migration est préparée. Les adresses professionnelles dépendent de la zone DNS du domaine, la même que celle qui pointe vers le site. Modifier cette zone sans avoir prévu le sort de la messagerie interrompt la réception des messages. Signalez dès la première réunion que des boîtes sont rattachées au domaine, et faites traiter ce point séparément de la mise en ligne.

Comment savoir quelles pages garder ?

Croisez deux données : le trafic de chaque page sur les douze derniers mois, et les liens externes qui pointent vers elle. Une page visitée régulièrement se conserve, quitte à en réécrire le texte. Deux pages qui traitent le même sujet se fusionnent en une seule. Une page sans visite, sans lien entrant et sans rôle commercial se supprime, avec une redirection vers la page la plus proche.

Faut-il transférer le nom de domaine avant ou après la refonte ?

Avant, et le plus tôt possible. Un transfert entre bureaux d’enregistrement demande des vérifications et un délai qui varie selon l’extension et l’opérateur. Le lancer pendant la phase de mise en ligne ajoute un risque inutile à un moment déjà chargé. Renseignez-vous auprès de votre bureau d’enregistrement actuel sur la procédure applicable à votre extension.

Une refonte réussie se décide rarement sur la maquette. Elle se joue sur ce que vous aviez en main le jour où vous avez lancé les consultations.