Accord de « tel » et « tel que »
la règle simple pour ne plus hésiter
Tel seul, tel que, tel quel : trois emplois, trois logiques d’accord, une clé pour les retenir.
« Tel » s’accorde toujours en genre et en nombre, mais avec un nom dont la position change selon l’emploi. Employé seul, il s’accorde avec le nom qui suit. Suivi de « que », il s’accorde avec le nom qui précède. Dans « tel quel », les deux mots s’accordent ensemble avec le nom concerné.
- Tel seul : accord avec ce qui suit (« telle une reine »).
- Tel que : accord avec ce qui précède (« une ville telle que Lyon »).
- Tel quel : les deux mots varient (« des copies telles quelles »).
- La bonne question : à quel nom « tel » se rapporte-t-il, et où est-il ?
Pourquoi l’accord de « tel » prête à confusion
Le mot « tel » a une particularité : il ne s’accorde pas toujours de la même façon. Selon qu’il est employé seul, suivi de « que », ou figé dans l’expression « tel quel », la règle change. C’est ce qui explique l’hésitation, même chez des personnes qui écrivent bien.
L’erreur la plus fréquente vient d’un réflexe trop simple : accorder « tel » avec le mot le plus proche, sans se demander à quel nom il se rapporte vraiment. Or tout est là. « Tel » s’accorde en genre et en nombre, mais le nom qui commande l’accord n’est pas toujours au même endroit dans la phrase. Une fois ce point compris, les trois cas deviennent simples.
« Tel » employé seul
l’accord se fait avec ce qui suit
Quand « tel » introduit une comparaison sans « que », il s’accorde avec le nom qui le suit, c’est-à-dire avec ce à quoi l’on compare. C’est le sens de « comme » ou « semblable à ».
On écrira ainsi « Il fondit sur sa proie, tel un aigle », parce que « tel » se rapporte à « aigle », masculin singulier. Au féminin, cela donne « Elle traversa la pièce, telle une reine » : « telle » s’accorde avec « reine ». Et au pluriel, « Les enfants couraient, tels des cabris » ou « telles des furies », selon le nom de comparaison.
Dans cet emploi, regardez le mot placé juste après « tel » : c’est lui qui décide de l’accord. Le sujet de la phrase n’intervient pas.
« Tel que »
l’accord se fait avec ce qui précède
Tout change quand « tel » est suivi de « que ». Dans ce cas, l’accord se fait non plus avec ce qui suit, mais avec le nom qui précède, celui auquel « tel que » renvoie.
« Des arbres tels que le chêne et le hêtre » : « tels » s’accorde avec « arbres », placé avant, et non avec « chêne ». De la même manière, on écrira « Une ville telle que Lyon », où « telle » s’accorde avec « ville ». Le mot qui suit « que » n’est qu’un exemple ; il ne commande jamais l’accord.
C’est exactement l’inverse du cas précédent, et c’est ce contraste qui explique la plupart des fautes. « Tel » seul regarde devant lui ; « tel que » regarde derrière. Garder cette opposition en tête suffit à trancher la majorité des situations.
« Tel quel »
accord avec le nom représenté
L’expression « tel quel » signifie « sans changement, dans l’état où la chose se trouve ». Elle s’accorde, elle aussi, en genre et en nombre, avec le nom auquel elle se rapporte.
On laisse « un texte tel quel », mais « une copie telle quelle », « des dossiers tels quels » et « des consignes telles quelles ». Les deux éléments, « tel » et « quel », varient ensemble. C’est une erreur courante que de figer l’expression au masculin singulier : « telle quelle » et « tels quels » existent bel et bien.
Remplacez mentalement « tel quel » par « dans cet état ». Si le nom est féminin, l’expression le devient aussi : « telle quelle ».
Récapitulatif et pièges fréquents
Trois emplois, trois logiques d’accord. Le tableau ci-dessous les réunit pour un repérage immédiat.
| Emploi | L’accord se fait avec… | Exemple |
|---|---|---|
| « Tel » seul (comparaison) | le nom qui suit | Elle bondit, telle une lionne |
| « Tel que » | le nom qui précède | Une ville telle que Lyon |
| « Tel quel » | le nom représenté (les deux mots varient) | Des copies telles quelles |
Quelques pièges reviennent souvent. Le premier est d’accorder « tel que » avec l’exemple cité après « que » plutôt qu’avec le nom d’avant. Le deuxième est de laisser « tel » invariable par prudence, ce qui produit autant de fautes que d’accords hasardeux. Le troisième est d’oublier d’accorder « quel » dans « tel quel », alors que les deux mots varient ensemble. En cas de doute, la bonne question reste la même : à quel nom « tel » se rapporte-t-il, et où ce nom se trouve-t-il dans la phrase.
« Tel que » s’accorde avec quel mot ?
Avec le nom qui précède, celui auquel « tel que » renvoie, et non avec l’exemple cité après « que ». Dans « des arbres tels que le chêne », « tels » s’accorde avec « arbres », pas avec « chêne ».
Quelle différence d’accord entre « tel » seul et « tel que » ?
C’est l’inverse l’un de l’autre. « Tel » employé seul, dans une comparaison, s’accorde avec le nom qui suit (« telle une reine »). « Tel que » s’accorde avec le nom qui précède (« une ville telle que Lyon »).
Comment accorder « tel quel » ?
Les deux mots s’accordent ensemble avec le nom concerné : « un texte tel quel », « une copie telle quelle », « des dossiers tels quels », « des consignes telles quelles ». L’expression n’est pas figée au masculin singulier.
Faut-il parfois laisser « tel » invariable ?
Non. « Tel » s’accorde toujours en genre et en nombre dans ces emplois. La seule difficulté est d’identifier le nom qui commande l’accord et sa position ; une fois ce nom repéré, l’accord suit.
Au fond, accorder « tel » revient à une seule habitude : ne pas se fier au mot le plus proche, mais chercher le nom auquel il renvoie. Le reste découle de sa place dans la phrase.